28 août 2026
Le bilan s’alourdit à mesure que les secours progressent dans les vallées dévastées. Au Népal, 547 corps avaient été retrouvés vendredi à 15 heures, selon la dernière mise à jour de la police népalaise. Les victimes ont été recensées dans plusieurs districts, dont Rasuwa, Nuwakot, Dhading, Chitwan et Nawalparasi.
Dans la région autonome du Tibet, en Chine, cinq morts et 558 personnes portées disparues étaient recensés au même moment, dont 260 ressortissants étrangers, d’après un bilan publié par l’agence Xinhua. En additionnant les deux décomptes, le nombre de morts atteint donc au moins 552.
Des recherches toujours compliquées
Les chiffres restent toutefois provisoires. Les autorités des deux pays ne disposent pas encore d’un bilan commun et les listes de personnes recherchées évoluent au fil des vérifications.
Un précédent point de situation de l’Autorité népalaise de réduction des risques de catastrophe faisait état de 977 personnes non localisées au Népal jeudi soir. Sur le versant chinois, 558 personnes étaient toujours portées disparues. Au total, plus de 1 500 personnes restent donc recherchées, même si certains signalements peuvent encore être corrigés ou recoupés.
Au Népal, 1 545 personnes avaient été secourues lors d’un précédent bilan. Mais l’accès aux zones sinistrées demeure difficile. Plusieurs routes et ponts ont été emportés, tandis que des installations hydroélectriques et des réseaux de communication ont été lourdement endommagés.
Une coulée de glace, de boue et de roches
La catastrophe a commencé le 26 août, vers 10 h 30, sur le versant népalais de l’Himalaya. Les premiers éléments communiqués par les autorités chinoises indiquent qu’un effondrement glaciaire en altitude a déclenché une avalanche de glace et de roches.
En dévalant les pentes, cette masse a emporté des matériaux glaciaires avant de se transformer en une impressionnante coulée de débris. Selon le point de situation diffusé par CCTV, le phénomène aurait atteint une vitesse d’environ 50 mètres par seconde et parcouru plus de 20 kilomètres.
La coulée a frappé le port de Gyirong, un important passage frontalier entre la Chine et le Népal, avant de poursuivre sa course vers les vallées népalaises. Sur son passage, elle a détruit des habitations, des véhicules, des ponts et des infrastructures essentielles. Des villages entiers restent isolés, compliquant le travail des équipes de recherche.
Un lac de barrage sous haute surveillance
La coulée a également bloqué le cours d’une rivière près de la confluence entre la Chhochen Khola, au Népal, et la Purepu Tsangpo, en Chine. Un lac de barrage naturel s’est alors formé en amont du port de Gyirong.
Vendredi, ce plan d’eau contenait plusieurs millions de mètres cubes d’eau. Situé à environ 1 000 mètres au-dessus du port, il faisait craindre une nouvelle vague destructrice en cas de rupture de la retenue naturelle.
Face à la montée des eaux, les secours chinois et népalais ont temporairement suspendu certaines opérations et éloigné les équipes des secteurs les plus exposés. Des habitants ont également été invités à rejoindre des zones plus élevées.
La télévision publique chinoise a ensuite fait état d’une diminution progressive du risque, permettant la reprise des opérations. La menace n’est toutefois pas écartée : les pluies, les pentes instables et les éventuels glissements de terrain continuent de peser sur la région.
Une aide humanitaire urgente
Au-delà des opérations de recherche, les besoins humanitaires s’annoncent considérables. La Fédération internationale de la Croix-Rouge estime qu’environ 93 000 personnes pourraient être affectées par la catastrophe.
Dans son appel d’urgence, l’organisation demande 25 millions de francs suisses pour financer l’aide au cours des prochains mois. La Croix-Rouge népalaise distribue déjà de l’eau potable, des bâches, des couvertures, des trousses de premiers secours et du matériel d’hygiène.
Les priorités sont désormais de retrouver les personnes disparues, identifier les victimes, soigner les blessés et rétablir l’accès aux communautés isolées. Tant que les vallées les plus reculées ne seront pas entièrement accessibles, le bilan humain et matériel pourrait encore évoluer.





