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Europe

Ukraine : un drone russe frappe un train Kiev-Varsovie près de la Pologne

La locomotive d’un train Kiev-Varsovie a été touchée dimanche près de Yahodyn, à deux kilomètres de la Pologne. Les 206 passagers avaient été évacués avant la frappe.

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La locomotive du train Kiev-Varsovie a été touchée à Yahodyn, à environ deux kilomètres de la frontière polonaise, le 13 septembre 2026.
La locomotive du train Kiev-Varsovie a été touchée à Yahodyn, à environ deux kilomètres de la frontière polonaise, le 13 septembre 2026.

La locomotive touchée près de la frontière

Dimanche 13 septembre 2026, au petit matin, un drone russe, selon les autorités ukrainiennes, a frappé la locomotive d’un train de voyageurs reliant Kiev à Varsovie. L’impact s’est produit à Yahodyn, dans la région de Volhynie, près du poste-frontière de Yahodyn-Dorohusk. Le convoi se trouvait à environ deux kilomètres du territoire polonais.

Selon les premiers éléments publiés par le média public ukrainien Suspilne⁠, 206 personnes se trouvaient à bord. Une équipe de surveillance d’Ukrzaliznytsia avait repéré la menace avant l’arrivée du drone. Cette alerte a permis d’évacuer les passagers environ quinze minutes avant l’impact.

Aucun mort ni blessé n’a été signalé. Le train a ensuite été remis à PKP Intercity avec près de 370 minutes de retard. Dans le même secteur, une frappe a également endommagé une station-service et plusieurs véhicules. Le passage frontalier a été interrompu avant la reprise du trafic.

Un convoi diplomatique passé peu avant

La portée de l’attaque dépasse les dégâts infligés au train. Quelques minutes avant l’impact, un convoi spécial avait quitté la gare de Yahodyn. À son bord se trouvaient notamment l’ancien premier ministre britannique Boris Johnson et l’ex-premier ministre suédois Carl Bildt, ainsi que des conseillers à la sécurité et d’autres responsables européens.

Ils regagnaient la Pologne après avoir participé, les 11 et 12 septembre à Kiev, à la réunion annuelle de la Yalta European Strategy. Un autre train, resté en gare, transportait l’ancien directeur de la CIA David Petraeus. Aucun des convois diplomatiques n’a été touché.

Ukrzaliznytsia estime que le train spécial pourrait avoir constitué la cible initiale. Cette hypothèse n’est toutefois pas étayée, à ce stade, par une preuve publique permettant d’établir l’intention exacte de l’attaque.

Varsovie renforce sa vigilance

La proximité immédiate de la frontière polonaise a déclenché une réaction de sécurité à Varsovie. L’armée polonaise a fait décoller des F-16 et déployé des hélicoptères ainsi qu’un avion de reconnaissance Saab pour surveiller son espace aérien. Les autorités militaires ont ensuite annoncé la fin de l’opération, en précisant qu’aucune violation du territoire polonais n’avait été constatée.

Des alertes ont été adressées aux habitants de plusieurs districts de l’est du pays. Les contrôles aux points de passage polono-ukrainiens ont été suspendus pendant la nuit, avant le retour à la normale dans la matinée, selon le compte rendu de Polskie Radio consacré à la réponse polonaise⁠.

Réuni au Centre gouvernemental de sécurité, le premier ministre Donald Tusk a annoncé une coordination renforcée entre l’armée, la police, les gardes-frontières et les services douaniers. Il a aussi prévenu que l’intensification des actions russes dans les semaines et les mois à venir ne pouvait pas être exclue, y compris sous la forme d’une escalade touchant le territoire polonais.

Une alerte pour l’Europe

À Kiev, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha a présenté la frappe comme une attaque contre une infrastructure civile et comme un avertissement adressé aux partenaires européens. Le président Volodymyr Zelensky a, lui aussi, dénoncé une attaque délibérée contre la locomotive.

Paris a réagi par la voix de Jean-Noël Barrot. Le ministre français a estimé que l’opération cherchait à intimider et à diviser les Européens, selon le compte rendu de Reuters sur la réaction française⁠.

Le ministère russe de la Défense a affirmé que ses forces visaient des infrastructures utilisées pour le transfert de cargaisons militaires européennes vers l’Ukraine. Cette justification n’apporte toutefois aucun élément permettant de confirmer que le train de voyageurs constituait une cible militaire.

La frappe s’inscrit dans une nuit d’attaques plus large : l’armée de l’air ukrainienne a annoncé plus de 450 drones et quatre missiles-drones Banderol engagés contre le pays. Si aucune victime n’a été recensée dans le train, l’épisode rappelle la vulnérabilité d’un axe ferroviaire emprunté par des civils et des délégations étrangères, à quelques kilomètres seulement de l’Union européenne.

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Justine GUERET

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