À Ground Zero, les noms des victimes résonnent encore
Vingt-cinq ans ont passé, mais le rituel reste le même.
Vendredi 11 septembre 2026, familles, proches et responsables américains se sont retrouvés au cœur de Manhattan, là où se dressaient autrefois les tours jumelles du World Trade Center. Comme chaque année, les noms des victimes ont été lus un à un lors de la cérémonie organisée par le 9/11 Memorial & Museum.
Des moments de silence ont également marqué les différentes étapes de cette matinée du 11 septembre 2001 : l’impact des avions, l’effondrement des tours et les autres attaques survenues ce jour-là.
Pour ce 25e anniversaire, l’émotion était d’autant plus forte qu’une génération entière d’Américains est désormais née après les attentats.
Mais parmi les personnalités présentes à New York, un nom manquait : celui de Donald Trump.
Donald Trump commémore les victimes au Pentagone
Le président américain a choisi de participer à une autre cérémonie, organisée à Arlington, près de Washington.
Accompagné de Melania Trump, il s’est rendu au Pentagone, lui aussi frappé le 11 septembre 2001. Ce matin-là, le vol American Airlines 77 avait percuté le bâtiment à 9 h 37. Les 64 personnes présentes à bord avaient été tuées, ainsi que 125 personnes dans le complexe militaire.
Aujourd’hui, le mémorial du Pentagone rend hommage à chacune des victimes à travers 184 installations individuelles.
La présence de Donald Trump à Arlington n’a donc rien d’anecdotique. Mais son absence à Ground Zero, pour un anniversaire aussi symbolique, a malgré tout attiré l’attention.
D’autant plus que, quelques jours auparavant, le président américain s’était lui-même replacé au centre du récit du 11-Septembre.
Son histoire personnelle du 11-Septembre revient sur le devant de la scène
Lors d’une cérémonie consacrée aux héros des attentats, Donald Trump a raconté une nouvelle fois ce qu’il dit avoir vécu dans les jours suivant les attaques.
Il affirme notamment s’être rendu dans le sud de Manhattan et avoir été éloigné d’une zone dangereuse par deux pompiers alors qu’un immeuble semblait menacer de s’effondrer.
Le président évoque également depuis plusieurs années la participation d’ouvriers travaillant pour lui aux opérations menées près de Ground Zero après les attentats.
Une partie de son récit est bien documentée : Donald Trump a effectivement été vu et interrogé à proximité du site dans les jours qui ont suivi les attaques.
En revanche, plusieurs détails précis de ses déclarations n’ont jamais été confirmés publiquement par des témoignages indépendants ou des documents permettant de les établir avec certitude.
Cela ne signifie pas nécessairement que ces épisodes n’ont jamais eu lieu. Mais, sur un événement aussi sensible et aussi documenté que le 11-Septembre, la distinction entre souvenir personnel et fait établi reste essentielle.
Un quart de siècle plus tard, la mémoire change de génération
Au-delà de la polémique, ce 25e anniversaire marque surtout un tournant.
Les attentats du 11 septembre 2001 ont fait 2 977 morts, sans compter les 19 pirates de l’air. Quatre avions avaient été détournés. Deux avaient frappé le World Trade Center, un troisième le Pentagone. Le quatrième s’était écrasé en Pennsylvanie après la révolte de plusieurs passagers.
Vingt-cinq ans plus tard, de nombreux Américains n’ont aucun souvenir personnel de cette journée. Pour les institutions, les familles de victimes et les enseignants, l’enjeu n’est donc plus seulement de se souvenir, mais aussi de transmettre.
C’est dans ce contexte que les récits autour du 11-Septembre prennent une importance particulière. Car plus les témoins directs vieillissent, plus les archives, les documents et les faits vérifiés deviennent essentiels pour préserver une mémoire commune.
Et un quart de siècle après les attaques, le débat autour des déclarations de Donald Trump rappelle une évidence : sur le 11-Septembre, la mémoire reste profondément intime, mais aussi éminemment politique.





