À Alizay, dans l’Eure, l’ancienne papeterie continue sa métamorphose. Le groupe belge VPK, spécialiste européen du papier recyclé et de l’emballage en carton, vient ajouter une nouvelle activité à son site normand : la fabrication de granulés de bois. Un projet représentant désormais un investissement annoncé de 60 millions d’euros.
L’industriel ne part pas de zéro. Depuis sa reprise de l’ancien site de Double A, VPK a déjà consacré plusieurs centaines de millions d’euros à la transformation de cette implantation historique. L’usine produit aujourd’hui du papier recyclé destiné notamment au carton ondulé. Avec sa nouvelle unité, le groupe entre cette fois sur le marché de l’énergie renouvelable.
120 000 tonnes de granulés chaque année
La nouvelle activité est portée par VPK Granulés Normandie. Selon la présentation officielle de la nouvelle usine de granulés, le site dispose d’une capacité de production de 120 000 tonnes par an.
Pour alimenter les installations, environ 200 000 tonnes de bois doivent être traitées chaque année. VPK prévoit de s’approvisionner à partir de différents flux locaux : bois ronds, copeaux, sciures ou encore matières provenant de l’industrie du bois.
Les granulés sont destinés aussi bien aux professionnels qu’aux particuliers. L’entreprise veut également utiliser cette production pour alimenter certaines chaudières de ses propres usines européennes et réduire progressivement leur recours au gaz ou au fioul.
Le projet avait été évalué à environ 50 millions d’euros lors de sa présentation en 2024 par l’Agglomération Seine-Eure. Le montant communiqué autour du projet atteint désormais 60 millions d’euros, témoignant de l’ampleur des installations nécessaires à cette diversification industrielle.
La chaleur de la papeterie réutilisée
La particularité du projet se trouve aussi dans son fonctionnement. Plutôt que de créer une nouvelle source d’énergie spécifiquement pour sécher le bois, VPK récupère une partie de la chaleur produite sur le site.
L’usine d’Alizay dispose déjà d’une centrale biomasse fournissant de l’énergie aux activités papetières. La chaleur résiduelle, autrefois perdue, est désormais récupérée pour participer au séchage de la matière première utilisée dans les granulés.
Cette organisation fait partie de la stratégie de décarbonation développée par VPK à Alizay. Le dispositif comprend notamment quatre broyeurs de biomasse, quatre presses destinées à la fabrication des granulés et plusieurs silos de stockage.
Après les travaux et les phases de mise au point, l’usine de granulés a démarré à l’automne 2025. La certification DINplus a ensuite été obtenue et la ligne d’ensachage est devenue opérationnelle à la fin de la même année. VPK a confirmé en 2026 le démarrage réussi de cette nouvelle activité.
Un site industriel profondément transformé
Cette nouvelle étape s’inscrit dans une transformation plus large engagée depuis plusieurs années à Alizay. En 2021, VPK avait lancé le projet de reconversion de l’ancienne papeterie, autrefois consacrée au papier bureautique, pour l’orienter vers le papier recyclé destiné aux emballages.
La commune rappelle sur sa présentation du développement économique d’Alizay que l’usine peut traiter environ 500 000 tonnes de papiers et cartons récupérés chaque année et produire jusqu’à 450 000 tonnes de papier recyclé.
Le passage aux granulés élargit désormais le modèle : papier recyclé, emballages, biomasse et énergie renouvelable cohabitent sur un même ensemble industriel.
Pour VPK, l’enjeu dépasse donc la simple diversification. Le groupe cherche à valoriser davantage les ressources disponibles autour de son usine tout en développant un nouveau débouché commercial. À Alizay, l’ancienne papeterie poursuit ainsi une reconversion amorcée il y a plusieurs années, avec l’ambition de faire du site normand l’un des principaux pôles industriels circulaires du groupe en Europe.





