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Agricole

Sécheresse : plus d’un milliard d’euros pour éviter les faillites agricoles

Après un été exceptionnellement chaud et sec, la FNSEA alerte sur des milliers d’exploitations fragilisées. Le gouvernement annonce un plan d’aide pour indemniser les pertes, soutenir la trésorerie et relancer les productions.

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La sécheresse et les canicules de l’été 2026 ont fortement réduit les rendements et les stocks de fourrage.
La sécheresse et les canicules de l’été 2026 ont fortement réduit les rendements et les stocks de fourrage.

Le gouvernement a annoncé vendredi 4 septembre un plan de soutien de plus d’un milliard d’euros en faveur des agriculteurs touchés par les canicules, la sécheresse et les incendies de l’été. Présentée par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, cette enveloppe doit répondre à une urgence financière : éviter les cessations d’activité et permettre aux exploitations de préparer la prochaine campagne.

L’annonce intervient après plusieurs semaines d’alerte lancées par les organisations agricoles. Elle a été confirmée dans un message officiel du Premier ministre⁠.

La FNSEA redoute une vague d’arrêts d’activité

La FNSEA estime que la situation dépasse largement le cadre d’une mauvaise récolte. Le 20 août, son secrétaire général Hervé Lapie avait évoqué le risque de voir 50 000 agriculteurs abandonner leur activité d’ici la fin de l’année si aucune réponse rapide n’était apportée.

Ce chiffre constitue une estimation syndicale et non un recensement officiel. Il traduit toutefois les difficultés rencontrées sur le terrain : pertes de rendement, prairies desséchées, manque de fourrage et baisse des revenus. Les éleveurs doivent parfois acheter à prix élevé des aliments pour leurs troupeaux, tandis que certaines cultures ne peuvent pas être semées dans des sols trop secs.

Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, évalue désormais à plus de dix milliards d’euros les pertes agricoles liées à l’été 2026. Ce montant pourrait encore évoluer, plusieurs récoltes n’étant pas totalement achevées.

Un été marqué par des records climatiques

L’ampleur de la crise s’explique par une succession d’épisodes météorologiques exceptionnels. D’après le bilan climatique de l’été 2026 publié par Météo-France⁠, la saison a été la plus chaude jamais enregistrée en France depuis 1900, avec une température moyenne de 24 °C, soit 3,6 °C au-dessus des normales.

Les précipitations ont également été très faibles, avec un déficit proche de 40 %. Le pays a connu 53 jours de vague de chaleur répartis sur trois épisodes. Météo-France fait aussi état d’une sécheresse des sols sans précédent à l’échelle nationale.

Dès le début du mois d’août, le ministère de l’Agriculture recensait 98 départements concernés par la sécheresse, dont 57 placés en situation de crise. Dans son communiqué consacré au plan Canicule-Sécheresse-Incendies⁠, le ministère soulignait les conséquences sur les cultures, les prairies, les troupeaux et la trésorerie des exploitations.

Des aides pour indemniser et relancer

Le principal volet du dispositif repose sur l’indemnité de solidarité nationale. Le gouvernement prévoit d’y consacrer 520 millions d’euros et promet d’accélérer le versement des avances et des indemnisations. Une enveloppe supplémentaire de 30 millions d’euros doit financer les pertes non assurables, notamment celles touchant les plantations pérennes et les vignes.

Un fonds de réarmement agricole, doté de 235 millions d’euros, sera placé sous la responsabilité des préfets. Il pourra notamment servir à acheter du fourrage et des semences, mais aussi à compenser certains dommages causés par les incendies. Le plan prévoit également un dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties pour les exploitations les plus durement touchées.

La prise en charge des cotisations sociales auprès de la Mutualité sociale agricole doit être renforcée. Le gouvernement prévoit aussi des dérogations ciblées aux règles de la Politique agricole commune, la prolongation des aides à l’achat d’engrais et de gazole non routier, ainsi qu’un accompagnement psychologique accru.

Une réponse immédiate, mais des questions durables

La répartition du fonds entre les départements doit être finalisée rapidement, avec une mise à disposition annoncée dès la semaine prochaine. L’efficacité du plan dépendra donc de la rapidité des paiements et de la capacité des exploitations à reconstituer leurs stocks avant l’hiver.

Au-delà de l’urgence financière, la crise relance le débat sur l’adaptation de l’agriculture au changement climatique : choix des cultures, stockage de l’eau, assurance récolte et gestion des ressources. Pour la FNSEA, les aides doivent permettre aux agriculteurs de survivre à cette année particulièrement difficile. Pour l’État, elles doivent également préserver la capacité de production française dans les années à venir.

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Justine GUERET

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