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Projet

Au large du Calvados, les fondations du futur parc éolien prennent forme

Au large de Courseulles-sur-Mer, 32 fondations sur 64 sont déjà installées. Malgré un retard technique, près de 600 personnes travaillent à la construction du parc, attendu fin 2027.

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Le chantier du parc éolien en mer du Calvados mobilise deux navires spécialisés et près de 600 personnes.
Le chantier du parc éolien en mer du Calvados mobilise deux navires spécialisés et près de 600 personnes.

Au large de Courseulles-sur-Mer, le futur parc éolien en mer du Calvados entre dans une phase de plus en plus concrète. Lors d’un point d’étape présenté en septembre, Michel Benoit, directeur du projet, a indiqué que 32 fondations avaient été installées sur les 64 prévues. Quarante et un forages avaient également été réalisés.

Ces chiffres marquent une progression importante par rapport au dernier bilan officiel publié par le projet⁠, qui recensait 18 fondations posées au 3 juillet. Le chantier s’est donc poursuivi à un rythme soutenu pendant l’été.

Une foreuse géante au cœur de la méthode

La particularité de ce chantier repose sur une foreuse conçue spécialement pour les opérations au large du Calvados. L’équipement pèse environ 1 900 tonnes et atteint une hauteur de près de 50 mètres. Installé sur un navire autoélévateur, il peut se stabiliser grâce à de longues jambes posées sur le fond marin.

Pour chaque éolienne, la machine creuse un puits d’environ neuf mètres de diamètre, jusqu’à une trentaine de mètres sous le fond marin. Le trou est ensuite partiellement rempli de sable et de gravier compactés. Un monopieu, c’est-à-dire un imposant tube d’acier, peut alors être introduit par vibrofonçage.

Cette technique vise notamment à limiter les nuisances sonores par rapport à un battage classique. Elle a cependant nécessité plusieurs ajustements techniques, ce qui a contribué au décalage du calendrier initial. La mise en service, envisagée à l’origine plus tôt, est désormais annoncée pour la fin de l’année 2027.

Deux navires mobilisés sur la zone

Les opérations s’organisent autour de deux navires spécialisés. Le Bold Tern réalise les forages, tandis que le Seaway Strashnov installe les fondations dans les puits préparés. Des bâtiments de soutien interviennent également pour assurer la logistique, la sécurité et les opérations de transfert.

Environ 500 personnes travaillent directement à bord des navires. Une centaine d’autres intervient à terre, notamment depuis la base de maintenance implantée au port de Caen-Ouistreham. Depuis ce site, il faut compter au moins 45 minutes de navigation pour rejoindre la zone du chantier.

Le futur parc comprendra 64 éoliennes installées à plus de dix kilomètres des côtes du Bessin. D’après la fiche de référence publiée par l’État⁠, l’ensemble développera une puissance d’environ 450 mégawatts. Sa production doit représenter l’équivalent de la consommation électrique domestique de plus de 630 000 personnes, soit environ 90 % de la population du Calvados.

Les prochaines étapes avant la mise en service

Les fondations ne constituent qu’une étape du programme. Dans les prochaines semaines, les câbles inter-éoliennes doivent commencer à être tirés entre les différentes structures. Les premières éoliennes complètes, avec leur mât, leur nacelle et leurs pales, sont attendues à partir de l’été 2027.

L’électricité produite sera ensuite acheminée vers le réseau grâce au dispositif de raccordement porté par RTE⁠. Celui-ci comprend notamment une liaison sous-marine de 15 kilomètres et une liaison souterraine de 24 kilomètres jusqu’au poste électrique de Ranville.

Au-delà de la production d’énergie, le chantier représente un enjeu industriel pour la Normandie. Le projet annonce plus de 1 000 emplois mobilisés pendant la construction et une centaine de postes pérennes pour l’exploitation et la maintenance du parc. Des suivis environnementaux doivent également se poursuivre afin d’observer les effets des travaux sur les oiseaux, les poissons et les mammifères marins.

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Justine GUERET

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