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Amérique du Nord

Trump attribue les manifestations lycéennes françaises à l’immigration et à l’islam

Le président américain a réagi mardi aux mobilisations en France dans un message sur Truth Social. Il les a reliées à l’immigration et à l’islam, alors que les revendications exprimées par les manifestants portent sur les conditions d’enseignement.

2 min de lecture
Donald Trump a réagi sur Truth Social aux manifestations lycéennes organisées en France le 6 octobre.
Donald Trump a réagi sur Truth Social aux manifestations lycéennes organisées en France le 6 octobre.

Donald Trump s’est invité dans le débat sur les manifestations lycéennes en France. Mardi 6 octobre, alors que des rassemblements se tenaient dans plusieurs villes, le président américain a publié sur Truth Social un message présentant la mobilisation comme la conséquence d’une immigration incontrôlée et d’une volonté de l’islam de prendre le contrôle du pays. La déclaration, relayée par plusieurs médias, est bien attribuée au compte du président.

Dans son message, Donald Trump écarte les difficultés scolaires comme explication du mouvement. Pourtant, les revendications mises en avant par les lycéens et leurs soutiens concernent principalement le fonctionnement des établissements : manque de moyens, classes surchargées, bâtiments dégradés et difficultés liées à l’organisation des cours. Les comptes rendus des manifestations ne font pas de l’immigration ou de la religion les motifs affichés par les participants.

Une mobilisation centrée sur l’école

Le mouvement, qui s’est étendu à plusieurs régions, a culminé mardi avec une journée de manifestations et de blocages. Des lycéens ont été rejoints par des étudiants, des enseignants, des parents et des organisations syndicales. Les chiffres de participation diffèrent selon les sources : le ministère de l’Intérieur a comptabilisé environ 266 000 manifestants, tandis que les organisateurs en ont revendiqué 450 000. La journée a aussi été marquée par des affrontements et des interpellations dans plusieurs villes.

Les demandes ne sont pas identiques d’un établissement à l’autre. C’est ce qu’a relevé le Premier ministre Sébastien Lecornu lors des questions au gouvernement, mardi. Il a défendu la nécessité d’entendre les élèves et d’organiser des échanges au sein des lycées, tout en condamnant les violences. Le compte rendu de son intervention à l’Assemblée nationale⁠ permet de retrouver sa réponse et le contexte de l’annonce.

Une déclaration sans élément à l’appui

Donald Trump n’a pas présenté d’éléments pour étayer le lien qu’il établit entre la mobilisation et l’immigration ou l’islam. Son message relève donc de son interprétation politique des événements. Les faits rapportés sur les manifestations décrivent, eux, un mouvement lié aux conditions d’étude et aux moyens de l’Éducation nationale.

Cette prise de position s’inscrit dans les critiques récurrentes du président américain à l’égard des politiques migratoires européennes. En ramenant les mobilisations à ces thèmes, il déplace le débat loin des demandes exprimées par les lycéens et de la réponse apportée par le gouvernement français.

Le gouvernement annonce un temps d’échange

En réponse à la mobilisation, le ministère de l’Éducation nationale a annoncé qu’une demi-journée serait consacrée au dialogue dans chaque lycée à partir du mercredi 7 octobre. Les autres cours sont maintenus. Le ministère a également lancé une consultation en ligne ouverte à tous les lycéens jusqu’au 23 octobre, afin qu’ils puissent faire connaître leurs difficultés et proposer des améliorations. Les réponses doivent alimenter une synthèse nationale à la fin du mois.

La consultation nationale ouverte aux lycéens⁠ pose deux questions sur leur quotidien et les changements qu’ils souhaitent voir dans leur scolarité. Le gouvernement dit vouloir s’appuyer sur ces contributions pour poursuivre les échanges engagés dans les établissements.

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Justine GUERET

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