La séquence diffusée mardi 27 octobre sur BFMTV ne montre pas Raphaël Glucksmann annonçant une hausse de 10 euros par mois pour les salariés au Smic. Son porte-parole, le député Sacha Houlié, s’est d’abord trompé d’unité en évoquant 100 euros par mois, puis s’est repris en parlant de 100 euros par an. Le présentateur a alors ramené ce chiffre à moins de 10 euros mensuels. Le lendemain, Houlié a reconnu son erreur et précisé que la proposition défendue était de 1 000 euros nets par an, soit environ 83 euros par mois.
L’extrait est devenu viral parce qu’il concentre en quelques secondes une confusion de chiffres et une réaction embarrassée sur le plateau. Mais la légende de la story transforme le calcul fait à l’antenne en mesure politique : « 10 euros par mois ». Or ce montant correspond à la division par douze des 100 euros annuels annoncés par erreur, non au montant que Houlié a ensuite attribué à la proposition de Raphaël Glucksmann.
Une erreur reconnue après l’émission
Dans le replay de l’émission Signé Consigny diffusée par BFMTV, Sacha Houlié débat avec l’avocat Charles Consigny. En présentant une mesure destinée à améliorer le revenu des salariés au Smic, il donne d’abord un montant mensuel, puis le corrige immédiatement en montant annuel. L’échange se poursuit autour de cette somme, le présentateur soulignant qu’elle représente moins de 10 euros par mois. C’est cette partie que reprend la publication partagée.
Après la diffusion, Houlié a répondu sur X qu’il avait fait un lapsus. Il a indiqué que le chiffre visé était de 1 000 euros nets par an, grâce à une baisse de la contribution sociale généralisée (CSG), financée selon lui par une imposition additionnelle des héritages supérieurs à deux millions d’euros. L’écart est conséquent : 100 euros par an équivalent à environ 8,33 euros par mois ; 1 000 euros par an correspondent à environ 83,33 euros mensuels. La correction change donc le sens économique de l’annonce, sans résoudre toutes les questions sur son calcul et son financement.
Les textes parlementaires éclairent le débat
Un amendement déposé à l’Assemblée nationale par des députés socialistes propose lui aussi une baisse ciblée de la CSG sur les revenus d’activité. Son chiffrage diffère toutefois de celui avancé par Houlié : pour une personne seule sans enfant rémunérée au Smic, le document estime le gain à 125 euros nets par mois. Il prévoit notamment un barème progressif de CSG et une contribution sur les héritages importants. La commission des affaires sociales a rejeté cet amendement le 13 octobre ; il ne s’agit donc pas d’une mesure entrée en vigueur.
Un autre amendement fiscal relatif aux successions propose d’imposer l’héritier sur l’ensemble des transmissions reçues au cours de sa vie, après un abattement de 500 000 euros. Ce seuil et cette architecture ne sont pas identiques au seuil de deux millions d’euros cité par Houlié sur le plateau. Ce texte a lui aussi été rejeté à l’Assemblée le 16 octobre. Ces documents parlementaires éclairent les pistes discutées, mais ne valident pas à eux seuls le chiffre de 1 000 euros annuels avancé après l’émission.
La capture mérite donc une lecture complète : elle reprend bien le passage où le montant de moins de 10 euros est évoqué, mais omet la rectification faite à l’antenne et la mise au point publiée ensuite. Pour apprécier la proposition, il faut distinguer le lapsus télévisé, la correction de Houlié et les chiffrages figurant dans les amendements parlementaires.





