À trois jours du XIXᵉ congrès du Rassemblement national (RN), Orléans prépare un week-end de forte affluence et de mobilisations concurrentes. Les 24 et 25 octobre, le parti réunira ses adhérents au complexe CO’Met, tandis qu’une marche opposée est annoncée en centre-ville. Après les incidents de la semaine précédente, la sécurité est devenue un enjeu majeur de la préparation locale.
Le calendrier officiel du RN prévoit, samedi, l’annonce des résultats du vote interne pour la présidence et le Conseil national. Dimanche, Marine Le Pen et Jordan Bardella doivent participer à un meeting présenté par le parti comme un premier grand rendez-vous de la campagne présidentielle de 2027. Le congrès se déroule donc sur deux jours, avec des enjeux à la fois organisationnels et électoraux.
Un important dispositif encore à préciser
Plus de 1 100 CRS et gendarmes mobiles seraient mobilisés à Orléans, selon une source sécuritaire citée mercredi par le groupe EBRA. Le préfet Hugues Moutouh doit présenter les mesures retenues jeudi 22 octobre à 16 heures. À la date de publication, les périmètres de circulation, les éventuelles restrictions et le détail du déploiement ne sont pas encore officiellement connus.
La municipalité a réuni une cellule de crise, appelée à se retrouver chaque jour jusqu’à dimanche. Le maire Serge Grouard a demandé à l’État un renfort exceptionnel, alors qu’une cinquantaine d’organisations ont appelé à une contre-mobilisation. Selon plusieurs sources policières rapportées par l’AFP, entre 10 000 et 15 000 personnes pourraient participer aux rassemblements : il s’agit d’une estimation, pas d’un bilan de présence.
Des rassemblements annoncés dans le centre-ville
Pour samedi, la Ligue des droits de l’Homme et les organisations mobilisées annoncent une marche à 10 h 30, du parvis de la cathédrale Sainte-Croix au Campo Santo. Un village antifasciste doit ensuite s’y tenir de 13 heures à 22 heures. Parmi les personnalités annoncées figurent Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, et Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Le rendez-vous et son parcours annoncés par la LDH précisent le départ et l’arrivée de la marche.
Des collectifs appellent aussi à une marche dimanche à 13 heures, depuis le quartier des Tourelles-Dauphine en direction de CO’Met, où se tiendra le meeting du RN. En parallèle, une coordination des Gilets jaunes, à l’origine d’une journée de mobilisation le 17 octobre, a annoncé un deuxième acte national pour samedi. Cette initiative concerne plusieurs villes et ne se confond pas nécessairement avec les mobilisations organisées contre le congrès à Orléans.
Le souvenir des incidents du 17 octobre
La prudence des autorités s’explique aussi par les troubles de la semaine précédente. Le 17 octobre, face aux incidents en centre-ville, le maire avait pris un arrêté demandant la fermeture temporaire des commerces. La Ville a fait état de mortiers d’artifice et de feux de poubelles ; la mesure a été levée le lendemain matin. Cet épisode a renforcé les inquiétudes des élus et des commerçants, sans permettre de présumer que les mobilisations de ce week-end dégénéreront. L’arrêté municipal et les circonstances de son application sont consultables sur le site de la Ville.
Les autorités doivent encore préciser les conditions d’accès au centre-ville et au complexe CO’Met. L’enjeu est de protéger les participants au congrès, les manifestants, les habitants et les commerces, tout en permettant le déroulement des rassemblements pacifiques. Les annonces du préfet jeudi doivent clarifier les mesures effectivement retenues. D’ici là, les chiffres de fréquentation et les risques évoqués restent des prévisions, et non le récit d’incidents déjà survenus.





