Le Brésil a choisi la continuité au terme d’un duel serré. Dimanche 25 octobre, Luiz Inácio Lula da Silva a été réélu président avec 64 256 232 voix, soit 51,79 % des suffrages valides. Son rival, Flávio Bolsonaro, en a obtenu 59 826 041, soit 48,21 %. Le bilan publié par le Tribunal supérieur électoral confirme l’issue du scrutin. L’écart représente 4,43 millions de voix, mais seulement 3,58 points. Plus de 158 millions de personnes étaient inscrites pour voter ; 128,2 millions se sont rendues aux urnes, et l’abstention s’est établie autour de 19,2 %, selon le tribunal.
Un retournement après le premier tour
Le résultat inverse le classement du premier tour, organisé le 4 octobre. Flávio Bolsonaro avait alors devancé le président sortant avec 47,03 % des suffrages valides, contre 45,16 % pour Lula. Le second tour a donc fait basculer une avance de près de 2,23 millions de voix. Les chiffres attestent le retournement électoral, sans suffire à expliquer à eux seuls les choix des électeurs ni l’évolution de leurs préférences entre les deux votes.
À 80 ans, Lula entamera un quatrième mandat présidentiel non consécutif, après avoir dirigé le pays de 2003 à 2010 puis depuis 2023. L’enjeu sera de transformer cette victoire en capacité d’action. Près d’un électeur sur deux ayant choisi son adversaire, le résultat porte un président réélu face à une opposition nombreuse. La campagne a opposé deux projets politiques distincts ; le scrutin ne met pas fin aux débats qui les séparent, notamment sur la conduite de l’État et la place du Brésil dans le monde.
Un dépouillement perturbé par une décision tardive
Le scrutin a également connu un épisode inhabituel dans ses dernières heures. Selon le TSE, une décision du Tribunal suprême fédéral a repoussé de 17 heures à 19 heures la fermeture des bureaux encore ouverts. Des milliers d’urnes avaient déjà été clôturées et ne pouvaient être rouvertes. Le tribunal électoral a dû adapter ses systèmes et suspendre temporairement la réception des bulletins de vote électroniques, ce qui a retardé leur traitement. Le président du TSE a décrit cette situation comme un défi opérationnel, tout en indiquant que la totalisation des résultats avait pu se poursuivre.
Une relation européenne appelée à se poursuivre
La victoire a rapidement suscité des réactions à l’étranger. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a félicité Lula et présenté la démocratie et le multilatéralisme comme des thèmes centraux du résultat. Dans son message publié sur X, elle a aussi exprimé la volonté européenne de poursuivre la coopération avec Brasilia sur le commerce, l’ordre international fondé sur des règles et le climat.
Cette perspective s’inscrit dans une relation déjà structurée par des accords récents. L’Union européenne et les quatre pays fondateurs du Mercosur ont signé, le 17 janvier 2026, un accord de partenariat et un accord commercial intérimaire ; ce dernier est appliqué à titre provisoire depuis le 1er mai, précise la Commission européenne. Le nouveau mandat de Lula donnera à cette coopération un interlocuteur central à Brasilia, mais les annonces diplomatiques devront se traduire dans les négociations et les politiques publiques.
Le vote tranche la présidence pour le prochain mandat, mais l’écart serré rappelle l’ampleur de la division politique. Lula devra composer avec un pays où une part presque équivalente de l’électorat a soutenu le camp Bolsonaro. Au-delà des félicitations venues d’Europe, la suite se jouera sur la capacité du pouvoir à rassembler, à tenir ses engagements et à maintenir le Brésil comme acteur actif des discussions internationales.





