Les billets en euros pourraient changer de visage dans les prochaines années. La Banque centrale européenne (BCE) a dévoilé, le 23 juillet 2026, dix projets pour la prochaine série et invite le public à donner son avis. La consultation en ligne reste ouverte jusqu’au 21 septembre 2026, à 23 h 59, heure d’Europe centrale. Les participants peuvent découvrir les dix propositions graphiques détaillées par la BCE, puis répondre à un questionnaire consacré à leurs préférences.
Cette échéance ne signifie pas que les billets actuels vont disparaître. Le processus porte d’abord sur le choix du graphisme. Une fois le modèle retenu, il faudra encore concevoir les éléments définitifs, procéder aux essais techniques, organiser l’impression puis préparer la mise en circulation.
Dix projets après un concours européen
La sélection intervient après plusieurs années de travail. Les thèmes ont été étudiés avec des groupes d’experts et à travers des consultations publiques. En juillet 2025, la BCE a ouvert un concours aux graphistes résidant dans l’Union européenne. L’appel a suscité 1 241 candidatures. Vingt-cinq créateurs ont ensuite été invités à élaborer des séries complètes pour les coupures de 5, 10, 20, 50, 100 et 200 euros.
Au 24 avril 2026, 39 propositions avaient été remises : 23 autour du thème « Fleuves et oiseaux » et 16 sur celui de « La culture européenne ». Un jury indépendant composé de 21 spécialistes a finalement retenu dix projets, cinq par thème. Les critères comprenaient notamment la créativité, la cohérence avec le sujet, l’accessibilité et l’intérêt pour le public. Le rapport du jury de sélection détaille le cheminement du concours et les projets retenus.
Deux visions de l’identité européenne
Le premier axe met en avant la culture commune du continent. Selon les coupures, les propositions s’appuient sur des personnalités comme Maria Callas, Ludwig van Beethoven, Marie Curie, Miguel de Cervantes, Léonard de Vinci ou Bertha von Suttner. Au verso pourraient apparaître des scènes liées aux arts du spectacle, à la musique, à l’enseignement, aux bibliothèques, aux musées ou aux jardins publics.
Le second thème associe les cours d’eau et l’avifaune européenne. La série suivrait le parcours d’un fleuve, depuis une source en montagne jusqu’à un paysage maritime. Les motifs envisagés font notamment intervenir un martin-pêcheur, un guêpier d’Europe, une cigogne blanche, une avocette ou un fou de Bassan. Les bâtiments des institutions européennes figurent sur l’autre face des billets, afin de relier la nature à la construction européenne.
Une consultation, pas une élection directe
Les projets sont présentés sous les lettres A à J. La BCE a volontairement masqué l’identité des graphistes pour que leur nationalité ou leur réputation n’influence pas les réponses. Toute personne peut participer, quel que soit son âge, sa nationalité ou son pays de résidence, avec une connexion internet. L’enquête est disponible dans les 24 langues officielles de l’Union européenne et conçue pour qu’une préférence ne soit comptabilisée qu’une seule fois. La foire aux questions de la BCE précise également que la consultation est anonyme.
Les résultats ne détermineront toutefois pas mécaniquement le vainqueur. Le Conseil des gouverneurs de la BCE doit prendre la décision finale autour de la fin de l’année 2026, en tenant compte des avis recueillis, des recommandations du jury et des évaluations techniques. Un rapport sur les enquêtes publiques sera ensuite publié.
La nouvelle série devrait conserver les six coupures actuelles et leurs couleurs dominantes, afin de faciliter l’adaptation des machines et la transition. Mais les futurs billets ne devraient pas arriver dans les portefeuilles avant plusieurs années. En attendant, le choix est entre les mains du public : une manière pour la monnaie européenne de renouveler son image en associant sécurité, accessibilité et représentation de l’identité commune.





