À la date du 19 octobre, les informations disponibles évoquent une possible démarche de GiFi auprès du tribunal, mais ne rapportent pas de jugement d’ouverture d’une procédure collective. L’annonce d’un dépôt de bilan présenté comme imminent doit donc être distinguée d’une procédure déjà prononcée. Une réunion extraordinaire du comité social et économique (CSE), consacrée à la situation financière de l’enseigne, est annoncée cette semaine.
Des pertes importantes et une trésorerie sous pression
Basé à Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne, le groupe ferait face à des difficultés financières majeures. Selon des informations publiées ces derniers jours, GiFi aurait enregistré près de 100 millions d’euros de pertes en 2025, pour un chiffre d’affaires approchant le milliard d’euros. Le réseau compterait 513 magasins et environ 6 000 salariés.
Des articles avancent également que l’enseigne ne disposerait que d’environ trois mois de trésorerie. Cette estimation n’a pas été confirmée publiquement par l’entreprise dans les éléments consultés. Elle donne toutefois la mesure de l’inquiétude suscitée par la situation : une entreprise peut afficher des pertes sans être juridiquement en cessation des paiements, mais une trésorerie insuffisante pour régler les dettes arrivées à échéance peut conduire à cette situation.
Le CSE réclame des éclaircissements
Le 6 octobre, les représentants du personnel ont engagé un droit d’alerte économique. Ils demandent à la direction des explications sur la situation de l’enseigne et des éléments concrets sur ses perspectives. Le CSE peut également solliciter une expertise comptable si les réponses apportées ne suffisent pas à éclairer les comptes, la trésorerie et l’endettement. La direction a indiqué qu’elle répondrait aux élus dans le cadre prévu.
Cette réunion intervient après un nouveau changement à la tête du groupe. Patrick Puy a été nommé président du directoire le 12 octobre, en remplacement de Gérard Walter. Il s’agit du quatrième changement à ce poste depuis le début de 2025, selon les informations publiées sur l’entreprise.
Ce que signifie réellement un « dépôt de bilan »
La cessation des paiements ne se déduit pas seulement d’un niveau élevé de dettes ou de pertes. Le Code de commerce la définit comme l’impossibilité de régler le passif exigible avec l’actif disponible. La situation doit donc être évaluée à partir des dettes échues et des ressources immédiatement mobilisables.
Le CSE ne peut pas, à lui seul, ouvrir une procédure judiciaire. Si une entreprise est en cessation des paiements, son dirigeant doit demander l’ouverture d’un redressement judiciaire dans le délai prévu par la loi, sauf s’il a demandé une conciliation dans ce délai. Les modalités figurent à l’article L. 631-4 du Code de commerce. Les décisions publiées peuvent ensuite être consultées dans les annonces commerciales du BODACC.
Un enjeu pour Villeneuve-sur-Lot et ses salariés
L’incertitude dépasse les magasins. Le siège de Villeneuve-sur-Lot emploierait plus de 600 personnes. Le maire, Guillaume Lepers, et la députée Emeline Rey-Rinchet ont récemment échangé avec les équipes du ministère de l’Industrie au sujet de l’avenir de l’entreprise et de ses salariés. Ils ont demandé à rencontrer la nouvelle direction.
Les conclusions de la réunion du CSE devraient préciser les difficultés rencontrées par GiFi et les options envisagées. Elles ne préjugeront toutefois pas, à elles seules, de la décision du tribunal. À ce stade, le dépôt de bilan reste un risque rapporté, dont la confirmation dépendra des démarches de l’entreprise et des suites judiciaires éventuelles.





