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Amérique du Nord

Les États-Unis envisagent une vente de 40 000 bombes à Israël, un élu s’y oppose

Washington prépare un contrat d’armement de 2,8 milliards de dollars avec Israël. Le projet porte sur 40 000 bombes de 2 000 livres, mais son approbation reste contestée au Congrès américain.

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40 000 bombes Israël, bombes Mk-84, accord d’armement États-Unis-Israël, Congrès américain, guerre à Gaza.
40 000 bombes Israël, bombes Mk-84, accord d’armement États-Unis-Israël, Congrès américain, guerre à Gaza.

Le projet n’est pas encore une vente finalisée. Annoncé à la mi-septembre, le contrat préparé par l’administration de Donald Trump comprendrait 40 000 bombes de 2 000 livres, soit environ 907 kg chacune. Dans un communiqué officiel de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants⁠, le parlementaire Gregory W. Meeks a confirmé son opposition au projet.

Des bombes de très forte puissance

Le détail avancé par les sources américaines fait état de 20 000 bombes Mk-84 et de 20 000 BLU-117. Ces deux modèles appartiennent à la catégorie des munitions aériennes lourdes. Le poids de 2 000 livres correspond à la classe de la munition, et non à la quantité exacte d’explosifs qu’elle contient.

La fiche technique publiée par l’US Air Force⁠ décrit la Mk-84 comme une bombe polyvalente de 2 000 livres, conçue pour être larguée depuis un avion. Selon les premières informations disponibles, le montant de la transaction doit être financé en grande partie par le Foreign Military Financing, un mécanisme américain permettant à un pays partenaire d’acquérir du matériel militaire fabriqué aux États-Unis.

Ce projet réactive un dossier déjà sensible. En 2024, l’administration Biden avait suspendu la livraison d’un lot de Mk-84, en raison des craintes liées au risque de lourdes pertes civiles à Gaza. Après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump avait levé cette suspension. Cette évolution illustre le changement de ligne entre les deux administrations.

La protection des civils au cœur du débat

Le projet intervient dans un contexte de guerre prolongée à Gaza et de frappes israéliennes également signalées au Liban. Ces bombes peuvent être utilisées contre des structures fortifiées ou des cibles enterrées. Toutefois, leur emploi dans des secteurs urbains densément peuplés soulève des inquiétudes concernant la protection des populations civiles.

Gregory W. Meeks, principal élu démocrate de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, a estimé que l’administration Trump n’avait pas apporté de garanties suffisantes sur le respect du droit américain et international. Il a donc refusé de donner son accord au projet, tout en maintenant son soutien aux besoins de défense d’Israël.

Son opposition porte ainsi sur les conditions d’utilisation et le contrôle des armes, et non sur une remise en cause générale de la relation militaire entre Washington et Tel-Aviv.

Une vente encore soumise au contrôle du Congrès

Le refus de Gregory Meeks constitue un obstacle politique, mais ne vaut pas automatiquement veto. Les élus des commissions concernées peuvent retarder ou contester une vente avant sa notification formelle au Congrès. L’exécutif conserve toutefois des marges de manœuvre, notamment en invoquant une urgence de sécurité nationale.

Reuters revient sur le rôle de cette opposition⁠ et sur les précédents permettant à l’administration américaine de contourner le contrôle parlementaire.

Le dossier pourrait donc évoluer vers une notification officielle, une demande de garanties supplémentaires ou une procédure d’urgence. En l’état, affirmer que les États-Unis ont déjà approuvé la vente serait prématuré : il s’agit encore d’un projet de 2,8 milliards de dollars, politiquement contesté et toujours en cours d’examen.

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Justine GUERET

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