Un nouveau rendez-vous religieux est annoncé à Dozulé, dans le Calvados, lundi 14 septembre 2026. Des fidèles attachés au message de la « Croix glorieuse » prévoient une journée de prières alors que le diocèse de Bayeux-Lisieux a définitivement rejeté l’origine divine des événements rapportés dans la commune. Dans une lettre publiée le 8 septembre par le diocèse de Bayeux-Lisieux, Mgr Jacques Habert revient sur la fermeture de la Haute-Butte et assume une décision qui alimente les tensions avec les promoteurs du pèlerinage.
Une journée de prières déplacée
Le programme 2026 publié par les organisateurs prévoit un chemin de croix à 11 h, puis un temps de prières à 14 h, suivi de témoignages. Le rassemblement doit se tenir sur un terrain privé, chemin des Bonnements, à environ 150 mètres de l’accès habituel à la Haute-Butte. Une navette et des possibilités de stationnement à Dozulé sont également annoncées.
Le lieu auquel les pèlerins se réfèrent depuis plusieurs décennies ne sera pas utilisé dans les mêmes conditions. Selon les informations publiques diffusées autour du site, le bassin dit « de purification » a été retiré le 24 août et les accès à la croix ont été fermés. Dans sa lettre, Mgr Habert confirme que le diocèse a décidé de clôturer le terrain et d’enlever cet aménagement.
Le rendez-vous du 14 septembre n’est donc pas organisé par le diocèse. Il est porté par des groupes qui continuent de défendre les messages associés à la Haute-Butte et à la « Croix glorieuse ».
Des apparitions présumées au cœur du conflit
L’affaire remonte aux années 1970. Madeleine Aumont, habitante de Dozulé, avait affirmé avoir reçu 49 apparitions présumées du Christ entre 1972 et 1978. Les messages rapportés demandaient notamment l’édification d’une immense croix lumineuse, la « Croix glorieuse », haute de 738 mètres. Le projet n’a jamais été réalisé, mais des groupes de fidèles continuent de diffuser ces textes et de se réunir sur la Haute-Butte.
Le Vatican a étudié le dossier à la demande de l’évêque. Dans une lettre du Dicastère pour la Doctrine de la foi, datée du 3 novembre 2025, le Saint-Siège a autorisé Mgr Habert à déclarer les prétendues apparitions « non surnaturelles », c’est-à-dire sans origine divine authentique.
Le document relève notamment le risque de présenter une croix monumentale comme un signe nécessaire au salut ou de laisser croire qu’un lieu matériel pourrait, à lui seul, assurer le pardon des péchés. Le 5 décembre 2025, le diocèse a traduit cette décision dans un décret déclarant que la promotion des messages non reconnus et les pratiques religieuses qui leur sont liées ne sont pas autorisées par l’Église catholique.
Cette position porte sur le statut religieux des messages. Elle ne signifie pas que l’évêque met en doute la sincérité de chaque participant. Dans sa nouvelle lettre, il affirme au contraire ne pas douter de la foi de nombreux pèlerins, tout en estimant qu’ils sont induits en erreur.
L’évêque invoque un devoir de cohérence
Mgr Habert considère que la poursuite des rassemblements entretient une confusion après la décision du Vatican. La fermeture du terrain et le retrait du bassin répondraient ainsi, selon lui, à un devoir de vérité et de cohérence.
L’évêque condamne également les messages publiés sur les réseaux sociaux lui promettant la damnation ou des peines éternelles. Il les juge irresponsables et appelle les fidèles à ne pas transformer le désaccord religieux en affrontement personnel. Sa conclusion rappelle que, pour l’Église, la Croix du Christ demeure l’unique référence du salut.
À l’approche du 14 septembre, les organisateurs maintiennent leur rendez-vous sur un terrain privé, tandis que le diocèse conserve sa position. À Dozulé, la controverse oppose désormais une communauté de fidèles attachés à un lieu à une autorité religieuse qui refuse de lui reconnaître un caractère surnaturel.





