Une soirée à l’hôpital qui soulève aujourd’hui de lourdes questions. Le 29 juillet 2026, Yves Casas, 75 ans, est décédé au centre hospitalier de La Tour-du-Pin, en Isère, où il était accueilli en unité de soins de longue durée. Atteint de sclérose en plaques, il séjournait dans l’établissement depuis le 17 juin.
Son épouse Nicole et sa fille Séverine, présentes auprès de lui ce soir-là, dénoncent l’absence de personnel au moment où son état s’est brutalement dégradé. Selon leur récit, elles auraient cherché de l’aide pendant environ vingt minutes, sans parvenir à trouver un médecin ou un infirmier disponible. La famille a depuis engagé des démarches afin que les circonstances exactes du décès soient établies.
Une détresse respiratoire devant ses proches
En début de soirée, les deux femmes constatent que l’état d’Yves Casas est préoccupant. Le septuagénaire porte un masque à oxygène, éprouve des difficultés à parler et présente, selon elles, d’importants problèmes respiratoires.
Une infirmière intervient dans un premier temps et lui administre un traitement. Elle quitte ensuite le service vers 19 h 35, en indiquant qu’une relève doit prendre la suite. C’est dans les minutes suivantes que la situation aurait basculé.
La famille affirme avoir actionné la sonnette située dans la chambre, frappé à différentes portes et parcouru les couloirs à la recherche d’un professionnel. Elle indique également avoir tenté de joindre l’accueil. Sans réponse immédiate.
Yves Casas meurt avant qu’un membre du personnel ne revienne auprès de lui. Une infirmière serait arrivée peu avant ou autour de 20 heures, alors qu’il était déjà trop tard. La chronologie précise de ces minutes et les conditions de prise en charge doivent désormais être établies.
Une enquête ouverte par l’hôpital
Le centre hospitalier de La Tour-du-Pin appartient au Groupement hospitalier Nord-Dauphiné, qui regroupe plusieurs établissements du nord de l’Isère.
Face aux accusations formulées par les proches, l’établissement a ouvert une enquête administrative interne afin de déterminer ce qui s’est produit dans l’unité ce soir-là. La direction, soumise au secret médical, ne peut détailler publiquement l’ensemble de la prise en charge du patient.
La famille souhaite notamment que soient examinés le dossier médical, les prescriptions, les transmissions entre équipes ainsi que l’organisation du personnel présent lors du décès. Elle cherche à comprendre pourquoi aucune assistance n’aurait pu être obtenue immédiatement alors que l’état d’Yves Casas se dégradait.
La famille demande que les responsabilités soient établies
Les proches du septuagénaire estiment que les circonstances pourraient soulever la question d’une non-assistance à personne en danger. Une éventuelle qualification pénale ne pourra toutefois être retenue qu’après examen des faits par les autorités compétentes.
En droit français, la non-assistance à personne en danger suppose notamment qu’une personne soit confrontée à un péril grave et imminent et qu’une autre personne, consciente de ce danger, puisse intervenir ou provoquer des secours sans risque pour elle-même.
Les patients hospitalisés disposent également de droits précis concernant leur prise en charge, leur information et leurs possibilités de recours. Ces garanties sont détaillées dans les informations officielles consacrées aux droits des personnes hospitalisées.
Plus d’un mois après le décès, les investigations doivent désormais déterminer ce qui s’est réellement passé dans le service au cours de cette soirée. Au-delà du récit particulièrement éprouvant de la famille, il reste notamment à établir l’organisation des équipes, les soins administrés et la chronologie exacte des appels à l’aide.
Ces vérifications devront permettre de comprendre pourquoi, selon les proches, aucun professionnel n’a pu intervenir pendant ces minutes décisives et de déterminer si d’éventuels dysfonctionnements ont joué un rôle dans la mort du patient.





