Près de 300 personnes réunies malgré l’interdiction
Près de 300 personnes se sont rassemblées dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 septembre sur un terrain privé à La Hoguette, près de Falaise. Selon le bilan communiqué par la préfecture du Calvados, l’événement n’avait fait l’objet d’aucune déclaration préalable.
Le rassemblement s’est tenu en violation de l’arrêté préfectoral pris le 10 septembre. Celui-ci interdisait, dans l’ensemble du Calvados, les rassemblements festifs à caractère musical de type free-party, rave-party et teknival. Le transport de matériel destiné à ces événements était également concerné par l’interdiction.
Le caractère privé du terrain n’a donc pas empêché l’intervention des services de l’État. Dès l’installation des participants, un dispositif de contrôle et de sécurisation a été déployé autour du site.
Deux escadrons de gendarmerie mobile mobilisés
Le groupement de gendarmerie départementale a été renforcé par deux escadrons de gendarmerie mobile, représentant environ 200 militaires. Les forces de l’ordre ont contrôlé les accès et les véhicules présents dans le secteur, avec une attention particulière portée à la consommation d’alcool et de stupéfiants.
La surveillance a également été assurée par un drone. Un arrêté préfectoral autorisait la captation, l’enregistrement et la transmission d’images au-dessus du territoire de La Hoguette jusqu’au lundi 14 septembre à 8 heures.
Le Service départemental d’incendie et de secours du Calvados, le SAMU et plusieurs associations agréées de sécurité civile ont aussi été mobilisés. Des moyens spécifiques de lutte contre les incendies ont été prévus afin de prévenir tout départ de feu sur le terrain.
Des jets de projectiles et des tirs de mortiers
Dans la journée de samedi, le préfet s’est rendu sur place et a ordonné la saisie du matériel de sonorisation afin de mettre fin au rassemblement. L’opération de dispersion s’est toutefois déroulée dans un contexte tendu.
La préfecture fait état de jets de projectiles, de tirs de mortiers dirigés contre les gendarmes et de quelques affrontements. Les forces de l’ordre ont utilisé des moyens de dispersion, notamment des gaz lacrymogènes.
L’ensemble du matériel de sonorisation a finalement été saisi. Le bilan officiel fait état de six blessés légers : quatre gendarmes et deux festivaliers. Quatre personnes ont également été interpellées. La préfecture n’a pas encore détaillé les suites judiciaires données à ces interpellations.
Les contrôles se poursuivent autour du site afin d’éviter une éventuelle réinstallation du rassemblement.
Des sanctions renforcées par la loi RIPOST
Cette intervention intervient quelques semaines après la promulgation de la loi RIPOST, le 18 août 2026. Le texte a abaissé de 500 à 250 participants le seuil à partir duquel une déclaration préalable est obligatoire pour certains rassemblements festifs à caractère musical.
L’organisation d’un rassemblement non déclaré peut désormais être punie de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. La participation à un rassemblement de plus de 250 personnes, lorsque son caractère illégal a été porté à la connaissance du public, constitue également un délit passible de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.
Une amende forfaitaire délictuelle de 500 euros peut aussi être dressée directement sur place, conformément aux nouvelles dispositions du Code de la sécurité intérieure.
À La Hoguette, la free-party a donc pris fin après la saisie de la sonorisation. L’enquête devra désormais préciser les responsabilités de chacun et les suites réservées aux quatre interpellations.





