ActualiTSe connecter
Justice

Carcassonne : un policier visé après avoir projeté un SDF au sol

À Carcassonne, une vidéo montre un policier national jeter un SDF au sol le 21 juin. Le parquet a saisi l’IGPN et précise que l’autopsie n’établit aucun lien avec son décès, treize jours plus tard.

3 min de lecture
Une vidéo filmée à Carcassonne montre un policier projeter un homme sans domicile fixe au sol.
Une vidéo filmée à Carcassonne montre un policier projeter un homme sans domicile fixe au sol.

Une enquête judiciaire a été ouverte à Carcassonne après la diffusion d’une vidéo montrant un policier national projeter violemment un homme sans domicile fixe au sol. La scène, filmée le 21 juin 2026 pendant la Fête de la musique, a été relayée samedi 12 septembre sur le réseau social X par le député de La France insoumise Thomas Portes. Le parquet a confirmé la saisine de l’IGPN pour des faits présumés de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique.

Une intervention en marge de la Fête de la musique

Sur les images, plusieurs agents se trouvent autour de l’homme. Un fonctionnaire le saisit par les épaules et le projette au sol, dans un geste qui fait désormais l’objet d’une analyse judiciaire. La vidéo ne documente pas, à elle seule, l’intégralité de la séquence ni les échanges qui ont précédé l’intervention.

Le parquet de Carcassonne indique que les policiers intervenaient pour interpeller un tiers, visé par des nuisances sonores réitérées. L’homme projeté au sol ne faisait pas l’objet de cette interpellation. Il n’a pas déposé plainte à la suite des faits, précise également le ministère public. Ces éléments devront être confrontés aux images, aux témoignages éventuels et aux comptes rendus des fonctionnaires présents.

L’IGPN saisie après la diffusion des images

Dès qu’il a pris connaissance de la vidéo, le parquet a saisi, dimanche 13 septembre, l’antenne de Marseille de l’IGPN. Le fonctionnaire mis en cause exerce à la brigade de nuit du commissariat de police de Carcassonne. La procédure est donc menée au titre d’une enquête judiciaire, et non d’une simple vérification administrative.

L’IGPN peut conduire des enquêtes judiciaires et administratives⁠, sous l’autorité de la justice lorsqu’elle est saisie par un procureur ou un juge d’instruction. Dans ce dossier, les investigations devront notamment établir le déroulement exact de l’intervention, le rôle de chacun des agents présents et les circonstances ayant conduit au geste filmé.

Le décès de l’homme n’est pas relié à la scène, selon le parquet

L’homme, âgé de 29 ans, est décédé le 3 juillet, soit treize jours après les faits, alors qu’il se trouvait sur son campement. Ce décès a rapidement attiré l’attention en raison de sa proximité avec l’intervention filmée.

Selon le parquet, l’autopsie réalisée le 9 juillet n’a pas mis en évidence de lésion traumatique suspecte pouvant être liée à l’intervention d’un tiers. Les conclusions médico-légales privilégieraient une cause toxique, compte tenu d’antécédents connus de polytoxicomanie. Le ministère public affirme ainsi qu’aucun lien de causalité n’est établi entre la chute visible sur la vidéo et le décès.

Cette conclusion sur la cause de la mort ne préjuge pas, à elle seule, de l’analyse des gestes réalisés pendant l’intervention. L’enquête ouverte par l’IGPN porte sur une éventuelle violence commise par un agent dépositaire de l’autorité publique.

Une procédure encore au stade des investigations

Le cadre déontologique impose aux policiers d’employer la force uniquement lorsqu’elle est nécessaire et de manière proportionnée au but poursuivi ou à la gravité de la menace, comme le rappelle l’article R. 434-18 du Code de la sécurité intérieure⁠. La qualification retenue par le parquet décrit l’objet des investigations à ce stade ; elle ne constitue pas une condamnation.

Les enquêteurs devront recueillir les images disponibles, entendre les personnes présentes et examiner les rapports d’intervention. La suite dépendra des éléments réunis dans le cadre de la procédure pénale⁠, qui doit permettre d’établir les faits avant toute décision judiciaire.

Cette affaire intervient quelques jours après la diffusion d’une autre vidéo mettant en cause quatre policiers municipaux de Carcassonne pour des propos racistes, sexistes et complotistes. Ces agents ont été suspendus. Le dossier actuel concerne, lui, un fonctionnaire de la police nationale : les deux procédures sont distinctes et impliquent des corps différents.

Partager cet article

Justine GUERET

Voir le profil