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Justice

« Merah », « Ben Laden », « Hitler » : une enquête après des vidéos près de lycées

Tournées le 8 octobre pendant la mobilisation lycéenne, des vidéos diffusées sur Snapchat ont été signalées au parquet de Caen. L’enquête vise notamment l’apologie du terrorisme et des faits liés à des dégradations.

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La préfecture du Calvados a signalé au parquet des vidéos diffusées pendant la mobilisation lycéenne du 8 octobre.
La préfecture du Calvados a signalé au parquet des vidéos diffusées pendant la mobilisation lycéenne du 8 octobre.

Le parquet de Caen a ouvert une enquête après le signalement de plusieurs vidéos diffusées sur Snapchat en marge de la mobilisation lycéenne du 8 octobre. Selon les informations communiquées par le procureur à des médias régionaux, les investigations portent sur des soupçons d’apologie du terrorisme, d’apologie de crimes contre l’humanité et de participation à une entente en vue de commettre des dégradations. Elles ont été confiées à la police judiciaire du Calvados. Aucun nom de personne mise en cause n’a été rendu public dans les informations disponibles.

Le préfet du Calvados a indiqué avoir transmis un signalement au procureur après avoir pris connaissance de ces séquences. Dans une publication du 15 octobre, la préfecture évoque des vidéos montrant des violences contre les policiers, des dégradations, des maillots faisant référence au terrorisme et la proposition de fournir des mortiers d’artifice⁠. Elle a fondé sa démarche sur l’article 40 du Code de procédure pénale⁠, qui prévoit la transmission au parquet d’informations sur des crimes ou délits portés à la connaissance d’une autorité dans l’exercice de ses fonctions.

Des séquences tournées près de plusieurs établissements

Les vidéos auraient été diffusées le 8 octobre, jour d’une mobilisation lycéenne. Sur l’une d’elles, selon les descriptions publiées, trois personnes posent de dos avec des maillots portant les noms de Mohammed Merah, Oussama Ben Laden et Adolf Hitler. Elles apparaissent notamment devant le lycée Salvador-Allende, à Hérouville-Saint-Clair, puis devant le lycée Dumont-d’Urville, à Caen. D’autres séquences montrent des personnes cagoulées commettant des dégradations au lycée Laplace, ainsi que des mortiers d’artifice présentés face caméra.

Selon les informations rapportées à partir des déclarations du procureur, les enquêteurs cherchent à identifier les personnes visibles et à vérifier les circonstances de chaque séquence. Ils s’intéressent aussi à des personnes susceptibles de fournir des mortiers pour viser les forces de l’ordre ou commettre des dégradations. L’identité des personnes filmées et leur éventuel lien avec les établissements concernés n’ont pas été établis dans les informations rendues publiques.

L’enquête doit encore établir les responsabilités

La diffusion de ces vidéos en marge d’un mouvement lycéen ne permet pas d’attribuer les actes montrés à l’ensemble des jeunes mobilisés. Les investigations doivent établir qui a réalisé et publié les images, qui y apparaît et dans quel contexte les scènes ont été filmées. À ce stade, l’ouverture d’une enquête ne constitue pas une conclusion sur la responsabilité de personnes identifiées.

L’article 421-2-5 du Code pénal⁠ réprime notamment l’apologie publique d’actes terroristes. Le parquet devra apprécier les contenus et les circonstances avant de décider des suites à donner. L’enquête porte aussi sur les dégradations et les faits liés aux mortiers signalés dans les vidéos.

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Justine GUERET

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