Le 13 octobre, Greta Thunberg s’est rendue devant le lycée Paul-Éluard, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), pour soutenir les élèves mobilisés. Sa visite a coïncidé avec une nouvelle journée de manifestations et de blocages dans plusieurs villes françaises. La militante suédoise a rapproché les demandes liées à l’école des enjeux de justice sociale et de l’avenir des jeunes.
Une visite au cœur d’un foyer de mobilisation
Greta Thunberg est arrivée le matin devant l’établissement, où des lycéens s’étaient rassemblés. Le lycée Paul-Éluard est devenu l’un des points visibles du mouvement, lancé à la fin septembre. Connue depuis son adolescence pour ses mobilisations en faveur du climat, la militante a apporté son soutien aux jeunes présents et échangé avec les journalistes.
Son déplacement a donné une visibilité internationale à une contestation d’abord portée par les élèves sur leurs conditions d’étude. Les revendications du jour concernaient notamment l’état des établissements, le manque de personnels et les difficultés rencontrées dans les classes. Thunberg a inscrit ces préoccupations dans une réflexion plus large sur la place accordée aux jeunes et leur capacité à peser dans les décisions qui concernent leur avenir.
Des revendications qui dépassent les murs des lycées
Les organisations lycéennes et étudiantes dénoncent notamment les enseignants absents qui ne sont pas remplacés, les bâtiments dégradés, les classes surchargées et les emplois du temps jugés trop lourds. Elles contestent également les inégalités scolaires et les modalités d’accès aux études supérieures, dont Parcoursup. L’appel intersyndical publié pour le 13 octobre reprend plusieurs de ces sujets et réclame des moyens ainsi qu’un plan de rénovation des établissements.
La mobilisation a réuni des lycéens, des étudiants, des parents et des personnels de l’éducation. Les bilans de participation varient fortement : le ministère de l’Intérieur a comptabilisé 161 500 manifestants, tandis que les organisations syndicales étudiantes et lycéennes en ont annoncé 480 000. Ces estimations, établies par des acteurs différents, illustrent l’écart entre le décompte des autorités et celui des organisateurs. Le communiqué de la CGT Éduc’action sur la journée rapporte le chiffre avancé par les organisations syndicales.
Une journée entre soutien et tensions
La plupart des cortèges se sont déroulés sans incident majeur, mais des tensions ont éclaté en marge de certains rassemblements. Des policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes dans plusieurs villes, dont Paris, Lyon et Nantes, tandis que des dégradations et des jets de projectiles ont été signalés. Ces épisodes ont renforcé la place des questions de maintien de l’ordre dans le débat autour du mouvement.
Le ministère de l’Éducation nationale a publié un bilan distinct sur la grève des personnels. Il estime à 4,52 % la participation des enseignants et à 5,18 % celle des personnels des lycées généraux et technologiques. Ces taux mesurent la grève dans les établissements, et non le nombre de jeunes présents dans les rues.
La venue de Greta Thunberg a placé les lycéens de Saint-Denis sous les projecteurs, sans effacer le contenu de leurs demandes. Les organisations doivent désormais tirer le bilan de la journée et discuter des suites à donner à la mobilisation, alors que les vacances d’automne approchent.





