Les blocages de lycées ont pris une nouvelle ampleur jeudi 1er octobre. À Paris, Lille, Nantes ou Marseille, des rassemblements ont perturbé l’accès à des établissements. Des dégradations et des affrontements ont aussi été signalés. Face à cette propagation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une cellule interministérielle de crise et demandé à ses ministres de privilégier la gestion de la situation.
Le ministère de l’Éducation nationale avait annoncé la veille un point de coordination entre le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, les préfets et les recteurs. Cette réunion devait permettre de faire le point sur la mobilisation aux abords des établissements. La note du ministère consacrée à cette réunion en précise le calendrier.
Une mobilisation partie de la région parisienne
Le mouvement s’est d’abord développé dans des lycées de la région parisienne, avant de toucher d’autres territoires. Les revendications rapportées portent notamment sur le manque de professeurs, les conditions matérielles dans certains établissements et les emplois du temps jugés trop lourds. Des élèves évoquent aussi la pression scolaire et leurs difficultés à se faire entendre.
Selon les chiffres relayés jeudi par les autorités, environ 340 actions étaient en cours dans la matinée devant des lycées et 169 blocages avaient été recensés. Les situations restent toutefois différentes d’un établissement à l’autre : certaines mobilisations se déroulent sans heurts, tandis que d’autres ont été marquées par des jets de projectiles, des incendies ou des dégradations.
À Nantes, un incendie a endommagé l’entrée du lycée Nelson-Mandela. À Marseille, des personnels auraient été aspergés d’essence lors d’incidents autour d’un établissement. Des enquêtes ont également été ouvertes après des blessures survenues pendant des opérations de maintien de l’ordre. Ces faits sont examinés séparément et ne caractérisent pas l’ensemble des manifestations.
Le gouvernement veut assurer la continuité des cours
Édouard Geffray a indiqué que des cours à distance pourraient être organisés lorsque des blocages ou des dégradations empêchent d’accueillir les élèves dans des conditions de sécurité suffisantes. D’après l’Associated Press, plusieurs centaines d’établissements devaient recourir à cette solution vendredi. L’objectif affiché est de préserver le droit à l’instruction sans exposer les élèves et les personnels aux risques liés aux abords des établissements.
Le ministère a par ailleurs publié le 1er octobre son dossier de présentation du budget 2027 pour l’Éducation nationale, qui expose les priorités gouvernementales pour l’école. Ce document ne répond pas, à lui seul, aux revendications des manifestants, mais il intervient alors que les moyens et les conditions d’enseignement sont au cœur du débat.
Des chiffres à suivre, des responsabilités à établir
La journée du 1er octobre marque un tournant par l’extension géographique des mobilisations et la gravité de certains incidents. Les bilans peuvent évoluer au fil des remontées des préfectures et des établissements. Les chiffres de participation aux blocages ne doivent pas être confondus avec ceux de la grève interprofessionnelle organisée le 29 septembre, dont le ministère de l’Éducation a publié un relevé distinct dans son communiqué sur le mouvement social.
Sur le plan politique, le gouvernement a mis en cause des organisations militantes dans l’organisation des blocages, tandis que La France insoumise a contesté ces accusations. Ces imputations relèvent du débat politique et ne permettent pas, à elles seules, d’établir qui a organisé les actions ou les violences. Les suites dépendront des enquêtes et de l’évolution des mobilisations dans les prochains jours.





