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États-Unis

Trump bannit trois médias de la Maison-Blanche : les grandes chaînes américaines ripostent

Après l’exclusion de trois médias de la Maison-Blanche, ABC, CBS, NBC, Fox News et CNN ont interrompu le pool vidéo qui mutualise la couverture des déplacements présidentiels de Donald Trump.

3 min de lecture
Après le bannissement de CNN, MS NOW et Politico, ABC, CBS, NBC, Fox News et CNN suspendent la couverture vidéo commune des événements du président Donald Trump.
Après le bannissement de CNN, MS NOW et Politico, ABC, CBS, NBC, Fox News et CNN suspendent la couverture vidéo commune des événements du président Donald Trump.

Le bras de fer entre Donald Trump et la presse américaine a franchi un nouveau seuil lundi 21 septembre 2026. Les cinq réseaux qui se relaient pour produire la couverture vidéo commune du président, ABC News, CBS News, CNN, Fox News et NBC News, ont suspendu la prise en charge des événements relevant de ce dispositif. Aucune chaîne n’a accepté de remplacer CNN, désignée ce jour-là pour fournir les images du déplacement présidentiel à New York, où Donald Trump devait participer à l’Assemblée générale de l’ONU.

Une exclusion annoncée puis appliquée

La décision intervient après l’exclusion de CNN, de MS NOW et de Politico de la Maison-Blanche. Le 18 septembre, Donald Trump avait annoncé, dans une publication sur son compte Truth Social⁠, qu’il interdisait l’accès à ces trois médias, les accusant de diffuser régulièrement de fausses informations.

Le président n’a pas invoqué un article ou un événement précis, mais a parlé d’une accumulation de reportages jugés négatifs. Il a aussi laissé entendre que d’autres médias pourraient être concernés.

Le lendemain, la mesure a été mise en œuvre. Des journalistes de CNN, MS NOW et Politico se sont vu refuser l’entrée sur le complexe présidentiel. Selon les organisations concernées, leurs badges de presse ont été désactivés ou récupérés. Elles ont annoncé vouloir poursuivre leur couverture depuis l’extérieur et défendre leurs droits devant la justice.

La Maison-Blanche affirme que l’accès est un privilège et non un droit. Donald Trump soutient, de son côté, qu’il ne vise pas la liberté de la presse, mais ce qu’il appelle les « fake news ». Aucune preuve publique n’a été fournie pour étayer l’argument d’une menace pour la sécurité nationale.

Le fonctionnement du pool présidentiel

Le dispositif suspendu joue un rôle particulier dans la couverture de la présidence américaine. Appelé « TV pool », il repose sur une rotation entre les cinq grands réseaux. L’équipe désignée prend en charge les images, le son et la logistique d’un déplacement ou d’une cérémonie, puis partage le signal avec d’autres médias.

Ce fonctionnement est notamment utilisé lorsque l’espace disponible est limité, comme à bord d’Air Force One ou dans certains lieux de la Maison-Blanche.

Les chaînes n’ont toutefois pas annoncé l’arrêt de toute couverture de Donald Trump. Leur décision concerne les événements officiellement désignés comme relevant du pool présidentiel. Les rédactions peuvent continuer à publier des articles, diffuser des reportages réalisés par leurs propres équipes ou couvrir les activités depuis l’extérieur.

Les couvertures consacrées au Congrès, au vice-président ou à d’autres responsables gouvernementaux se poursuivent également normalement. La portée de la mesure est donc importante, mais plus limitée que ne le laisse entendre la publication diffusée sur les réseaux sociaux.

Une bataille désormais judiciaire

CNN, MS NOW et Politico ont saisi lundi un tribunal fédéral de Washington et demandent une mesure d’urgence pour récupérer leur accès à la Maison-Blanche. Ils invoquent le premier amendement de la Constitution américaine, qui protège la liberté de la presse, ainsi que les garanties de procédure. Une audience est annoncée pour mercredi 23 septembre.

Dans un communiqué de la White House Correspondents’ Association⁠, l’organisation a estimé qu’un accès ne pouvait pas être retiré arbitrairement en fonction du contenu des reportages.

Les cinq réseaux du pool ont résumé leur position dans une déclaration commune⁠. Ils estiment que le public doit pouvoir recevoir une information indépendante sur son gouvernement et qu’une administration ne devrait pas écarter un média parce qu’elle désapprouve sa couverture.

Cette confrontation dépasse le seul sort de CNN, MS NOW et Politico. Elle pose la question de savoir si la Maison-Blanche peut choisir les journalistes autorisés à observer et à documenter l’action présidentielle, alors que les élections de mi-mandat approchent.

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Justine GUERET

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