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Serbie : la liste portée par les étudiants en tête des législatives

Le 25 octobre, la liste du mouvement étudiant obtient 52,71 % des suffrages provisoires et 140 sièges selon la RIK, face au camp Vučić. La formation du gouvernement reste à venir.

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En Serbie, la liste étudiante obtient une majorité provisoire contre le camp Vučić.
En Serbie, la liste étudiante obtient une majorité provisoire contre le camp Vučić.

La liste issue du mouvement étudiant est arrivée en tête des élections législatives anticipées en Serbie. Selon le décompte provisoire établi le 26 octobre par la Commission électorale de la République (RIK), « Studentska lista – Studenti pobeđuju » (« Liste étudiante – les étudiants gagnent ») obtient 52,71 % des suffrages et 140 sièges sur 250. La coalition conduite par Aleksandar Vučić recueille 39,17 % et 104 sièges. Le mouvement dispose ainsi d’une majorité absolue annoncée, mais le dépouillement n’est pas achevé et le gouvernement reste à former.

Les résultats provisoires de la RIK, relayés par le portail officiel du gouvernement serbe⁠, portent sur 8 187 des 8 392 bureaux de vote. Ils font suite au scrutin du dimanche 25 octobre. Le soir du vote, Vučić avait déjà reconnu la défaite de son camp sur la base de ses propres projections. Les électeurs choisissaient les membres de l’Assemblée nationale, et non directement le premier ministre.

Une candidature collective, sans chef désigné

Le message diffusé sur Instagram décrit un mouvement « sans parti et sans chef ». La nuance est importante : le collectif a participé au scrutin sous la forme d’une liste électorale enregistrée comme groupement citoyen, et non comme un parti traditionnel. Elle comprend 250 candidats, parmi lesquels le cardiologue Ilija Srdanović, placé en tête. Le mouvement n’a pas annoncé de candidat au poste de premier ministre ni désigné de figure dirigeante unique. Les profils, issus notamment de l’université, de la médecine, du droit et de la culture, dépassent le seul milieu étudiant.

Cette organisation s’est construite au fil de mobilisations déclenchées par l’effondrement, le 1er novembre 2024, d’un auvent de la gare de Novi Sad. Seize personnes ont péri dans la catastrophe. La contestation a porté sur la transparence de l’enquête et les responsabilités, avant de s’élargir à la lutte contre la corruption et au fonctionnement des institutions. Le parquet supérieur de Novi Sad a rendu compte de la procédure judiciaire liée au drame⁠ ; la culpabilité des personnes mises en cause relève de la justice.

Une victoire, puis l’épreuve du gouvernement

L’organisation indépendante d’observation électorale CRTA estime la participation à environ 69 %, avec une marge d’erreur d’un point. Son propre échantillon projette 138 sièges pour la liste étudiante, avec une variation possible de deux sièges ; ce chiffre diffère du décompte provisoire de la RIK, qui repose sur les résultats de milliers de bureaux déjà traités. Dans son premier bilan de la journée électorale⁠, CRTA juge aussi les conditions de campagne fortement inégales et évoque des pratiques susceptibles de limiter la liberté de participation.

La majorité annoncée donnerait à la liste étudiante la possibilité de former seule un gouvernement si elle est confirmée. Mais le résultat ne transfère pas automatiquement le pouvoir exécutif : il reste à achever le dépouillement, publier les résultats définitifs puis constituer une équipe gouvernementale. Au 27 octobre, aucun nom n’a été annoncé pour diriger le futur cabinet.

Le mouvement devra maintenant transformer ses priorités : lutte contre la corruption, amélioration de l’éducation et rétablissement de la confiance dans les institutions en mesures concrètes. Sa victoire met le camp Vučić en échec dans ce scrutin, mais ouvre une période d’incertitude : le collectif devra préserver son unité tout en assumant les compromis et les responsabilités d’une majorité parlementaire.

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Justine G

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