ActualiTSe connecter
Enquête

Mort en garde à vue à Saint-Ouen : l’autopsie ne tranche pas

Un homme de 44 ans est mort mardi au commissariat de Saint-Ouen. Son père a porté plainte et l’IGPN enquête. Les premières constatations médicales n’expliquent pas le décès.

3 min de lecture
La mort de Mauricio K. au commissariat de Saint-Ouen fait l’objet d’une enquête confiée à l’IGPN.
La mort de Mauricio K. au commissariat de Saint-Ouen fait l’objet d’une enquête confiée à l’IGPN.

Mauricio K., 44 ans, est mort mardi 27 octobre alors qu’il se trouvait en garde à vue au commissariat de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort et l’a confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Son père a déposé plainte le lendemain pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. À ce stade, aucune cause définitive n’est établie.

Les premiers résultats de l’autopsie, pratiquée mercredi 28 octobre, n’ont pas relevé de lésions traumatiques permettant d’expliquer le décès. Des examens complémentaires, notamment toxicologiques et anatomopathologiques, sont nécessaires. Le parquet fait également état d’un antécédent cardiaque. Ces éléments ne permettent ni de conclure à une cause naturelle ni de confirmer les violences alléguées par la famille.

Une garde à vue commencée lundi

Selon les informations communiquées par le parquet, Mauricio K. avait été interpellé lundi 26 octobre après-midi pour des faits d’outrages sexistes, d’outrages et de menaces visant des personnes dépositaires de l’autorité publique. Très alcoolisé au moment de son interpellation, il avait été conduit à l’hôpital. Un médecin avait délivré un certificat attestant que son état était compatible avec une garde à vue ; il avait ensuite été examiné par un médecin de l’unité médico-judiciaire dans la nuit de lundi à mardi.

L’homme a été entendu une première fois mardi matin, sans incident signalé par les enquêteurs, puis a regagné sa cellule. Peu avant 15 heures, il a été retrouvé inconscient au sol. Des policiers lui ont prodigué les premiers gestes de secours, avant l’arrivée des pompiers. Malgré les tentatives de réanimation, il est mort dans les locaux du commissariat.

Une plainte qui met en cause les conditions de l’interpellation

Mercredi 28 octobre, le père de Mauricio K. a saisi le procureur de la République de Bobigny. La plainte vise des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, commises par une personne dépositaire de l’autorité publique. L’avocat de la famille demande qu’un juge d’instruction soit désigné et affirme que des violences auraient pu être commises lors de l’interpellation ou au commissariat.

Ces accusations sont celles du plaignant et de son conseil ; elles ne constituent pas, à ce stade, des faits établis par la justice. Le parquet a indiqué que l’enquête confiée à l’IGPN devait déterminer les circonstances du décès. La municipalité de Saint-Ouen⁠ a, de son côté, exprimé son émotion et appelé à ce que les circonstances soient éclaircies.

Des examens complémentaires attendus

L’autopsie n’a donc pas apporté de réponse définitive. L’absence de lésions traumatiques expliquant la mort ne suffit pas à en établir l’origine : les experts doivent encore examiner les prélèvements et les éléments médicaux. L’antécédent cardiaque mentionné par le parquet ne permet pas, à lui seul, d’attribuer le décès à une cause précise.

L’enquête en recherche des causes de la mort est prévue par l’article 74 du Code de procédure pénale⁠ lorsque l’origine d’un décès est inconnue ou suspecte. L’IGPN peut conduire des investigations judiciaires à la demande de l’autorité judiciaire ; ses missions sont détaillées par la Police nationale⁠.

La famille a été informée des premières conclusions de l’autopsie, selon le parquet. Les expertises et les actes d’enquête devront désormais éclairer les dernières heures de Mauricio K. et vérifier les accusations formulées.

Partager cet article

Justine G

Voir le profil