Le tribunal correctionnel de Caen a condamné, lundi 26 octobre, un lycéen de 19 ans poursuivi après l’attaque des locaux de la police municipale avec un rouleau compresseur. La peine prononcée est d’un an d’emprisonnement, dont six mois avec sursis probatoire. La partie ferme peut être aménagée sous bracelet électronique. Le jeune homme devra aussi indemniser la Ville de Caen à hauteur de 10 855 euros. Cette somme correspond à des dommages et intérêts : contrairement à ce qu’a indiqué la préfecture dans son premier message, aucune amende pénale n’a été prononcée.
Les faits remontent au samedi 17 octobre, en marge d’une mobilisation contre la vie chère dans le centre de Caen. Un rouleau compacteur a été utilisé pour forcer la grille d’accès au parking de la police municipale et endommager des véhicules. La préfecture avait signalé deux véhicules touchés dans son compte rendu publié le soir des faits. L’enquête a ensuite permis d’identifier le jeune homme condamné dans ce dossier. Neuf jours séparent les violences du jugement.
Une somme destinée à réparer les dégâts
Dans sa publication du 27 octobre annonçant la condamnation, la préfecture du Calvados a évoqué une amende. Le parquet a ensuite précisé que les 10 855 euros étaient dus à la commune pour réparer les dommages, et non à l’État au titre d’une sanction pécuniaire. La Ville s’était constituée partie civile. Le site officiel Service-Public explique la différence entre peine et indemnisation d’une victime.
La peine comporte également une interdiction de manifester pendant deux ans et une interdiction de détenir une arme pendant cinq ans. Les six mois assortis d’un sursis probatoire sont soumis aux obligations fixées par le tribunal. Quant à la partie ferme, elle ne signifie pas nécessairement une incarcération immédiate : les informations communiquées après l’audience indiquent qu’elle peut être exécutée à domicile sous surveillance électronique.
Des violences en marge d’un rassemblement
Le rouleau compacteur avait été pris sur un chantier du centre-ville, selon les éléments évoqués à l’audience. L’engin a forcé l’accès aux locaux de la police municipale et a été utilisé contre des véhicules stationnés dans la cour. Le préfet avait condamné ces dégradations dès le jour des faits. Les autorités ont aussi signalé des jets de projectiles, des tags et des tentatives de pillage dans le centre de Caen.
Les violences ne résument toutefois pas le rassemblement. La préfecture a distingué les groupes impliqués dans les dégradations des milliers de personnes venues manifester pacifiquement. Cette distinction compte dans un dossier où la journée avait commencé par une mobilisation sociale, avant que des incidents ne se produisent en marge du cortège.
La condamnation concerne la responsabilité pénale du jeune homme dans les faits qui lui étaient reprochés. Le montant attribué à la commune vise à réparer les dégradations. Le jugement ne permet pas d’imputer ces actes à l’ensemble des participants au rassemblement.





