Le mont Blanc a été mesuré à 4 807,47 mètres en septembre 2026, selon les résultats annoncés le 14 octobre par les géomètres-experts de Haute-Savoie. Le chiffre relayé sur les réseaux est exact par rapport à 2023 : le sommet mesuré est alors 1,88 mètre plus haut. Mais cette comparaison ne raconte qu’une partie de l’histoire. La chronologie des mesures publiée par l’opération 4810 indique 4 808,51 mètres en 2024 et 4 808,76 mètres en 2025. Entre 2025 et 2026, la valeur a donc diminué de 1,29 mètre.
Une altitude qui varie d’une campagne à l’autre
Ces écarts s’expliquent d’abord par ce qui est mesuré. Les géomètres suivent le point culminant de la calotte de neige et de glace qui recouvre le relief rocheux. Le vent déplace la neige, les précipitations en ajoutent, tandis que la température et l’ensoleillement modifient la surface. Le point le plus élevé peut donc changer d’une année à l’autre sans que la montagne rocheuse ait gagné ou perdu autant de hauteur. L’IGN détaille la différence entre une variation d’altitude et un changement de masse.
La série le montre : le sommet a été relevé à 4 810,90 mètres en 2007, puis à 4 805,59 mètres en 2023, son niveau le plus bas de la série moderne. La mesure de 2026 reste 3,43 mètres sous le maximum de 2007. La comparaison sur trois ans est donc juste, mais elle ne permet pas de parler d’une hausse continue.
Des instruments pour mieux comprendre le sommet
La campagne de 2026 a combiné le positionnement par satellites et des relevés par drone. Elle a aussi intégré un géoradar pour sonder la neige et la glace, ainsi qu’une première mesure gravimétrique au sommet. Cette dernière méthode renseigne sur la répartition des masses : croisée avec les relevés d’altitude, elle doit aider à distinguer les variations de la calotte des changements du rocher sous-jacent.
Les équipements permettent aujourd’hui une précision de quelques centimètres, mais ce degré de détail ne fige pas le sommet : le manteau neigeux se transforme selon la saison et les conditions rencontrées. La campagne de 2026 a été menée en septembre, puis ses résultats ont été présentés à Saint-Gervais le 14 octobre.
L’intérêt de ces travaux dépasse l’annonce d’un chiffre spectaculaire. Les mesures répétées depuis 2001 fournissent un historique que les scientifiques peuvent comparer dans le temps. L’Ordre des géomètres-experts rappelle le principe de cette série de relevés et leur intérêt pour produire des données cohérentes d’une campagne à l’autre.
Un chiffre, pas un bilan climatique
La valeur de 4 807,47 mètres ne suffit pas, à elle seule, à conclure que le mont Blanc gagne de la glace, ni à contredire le recul observé sur d’autres glaciers alpins. Elle décrit la hauteur de la surface au moment du relevé. Pour interpréter l’évolution du massif, il faut aussi suivre l’épaisseur et le volume de la glace, les températures, les précipitations et le vent.
La publication relayée reprend donc un chiffre officiel, mais son « encore plus grand » mérite une précision : le sommet mesuré est plus haut qu’en 2023 et plus bas qu’en 2024 et 2025. C’est la continuité des observations, davantage qu’une mesure isolée, qui permettra d’évaluer les changements du toit des Alpes.





