Le dépouillement des élections législatives israéliennes s’est achevé vendredi 30 octobre. Le bloc de Benjamin Netanyahu arrive en tête avec 53 sièges sur les 120 de la Knesset. Les formations d’opposition rassemblées autour de Gadi Eisenkot en obtiennent 48, tandis que les listes arabes totalisent 19 élus. Aucun des deux principaux blocs n’atteint les 61 sièges nécessaires pour gouverner seul. La suite dépendra des alliances que les partis parviendront à nouer.
Le décompte est terminé, mais les chiffres ne sont pas encore certifiés. La Commission électorale centrale indique que les résultats peuvent évoluer jusqu’à leur publication officielle, attendue le 4 novembre.
Le Likoud reste la première force parlementaire
Le Likoud de Netanyahu obtient 27 sièges. Yashar, le parti de Gadi Eisenkot, en remporte 21, devant B’Yachad, qui en décroche 12. La Liste commune arabe obtient 11 élus et Ra’am en remporte huit. Les deux formations arabes totalisent ainsi 19 sièges, leur meilleur résultat historique.
Le camp de Netanyahu recule par rapport à la législature sortante, où les partis de sa coalition détenaient 68 sièges. Il lui en manque désormais huit pour atteindre la majorité absolue. La participation s’établit à 77,9 %, avec 5 716 665 bulletins déposés, contre 70,6 % lors des élections de 2022.
Le seuil électoral israélien est fixé à 3,25 % des suffrages valides. Plusieurs petites listes ne l’ont pas franchi et n’entreront donc pas à la Knesset. Les 120 sièges sont répartis entre onze formations.
Les partis arabes, partenaires possibles mais pas assurés
Sur le papier, les 48 sièges du bloc d’opposition et les 19 élus arabes formeraient une majorité de 67 députés. Mais cette arithmétique ne garantit pas la formation d’un gouvernement. Gadi Eisenkot, Naftali Bennett et Avigdor Liberman ont écarté l’intégration de partis arabes à une coalition. Un soutien extérieur pourrait être discuté, mais les engagements pris pendant la campagne rendent cette option incertaine.
Une autre possibilité serait une coalition plus large incluant des formations du centre. Aucun accord n’a été annoncé et les négociations devront rapprocher des partis aux priorités différentes. L’avance de Netanyahu lui donne une position de départ favorable, sans lui assurer de conserver le pouvoir.
Isaac Herzog devra désigner la personne la mieux placée
La première place du Likoud ne garantit pas automatiquement à Netanyahu la mission de former le gouvernement. Après réception des résultats officiels, le président Isaac Herzog doit consulter les représentants des groupes élus, puis charger un député de tenter de réunir une majorité. La procédure exposée par la Knesset prévoit 28 jours pour parvenir à un accord, avec une prolongation pouvant aller jusqu’à 14 jours.
Dans sa déclaration après le scrutin, Isaac Herzog a indiqué qu’il rencontrerait les factions une fois les résultats officiels reçus. La nouvelle Knesset doit tenir sa séance inaugurale le 10 novembre. Si les différentes tentatives de coalition échouent, de nouvelles élections pourraient devenir nécessaires.
Le décompte confirme donc une avance du camp Netanyahu, mais ne désigne pas encore le prochain chef du gouvernement. La réponse dépendra des alliances que les partis accepteront ou refuseront de nouer.





