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Allocution

Soldats français en Arabie saoudite : pourquoi Macron veut protéger Yanbu

Emmanuel Macron a annoncé, jeudi 24 septembre, l’envoi de militaires et de moyens de défense à Yanbu, en Arabie saoudite. Paris veut sécuriser ce débouché pétrolier menacé par les attaques des Houthis.

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Emmanuel Macron annonce des soldats et des radars à Yanbu, en Arabie saoudite, pour protéger ce site pétrolier stratégique face aux attaques des Houthis.
Emmanuel Macron annonce des soldats et des radars à Yanbu, en Arabie saoudite, pour protéger ce site pétrolier stratégique face aux attaques des Houthis.

La France va renforcer la protection d’un point stratégique pour les exportations de pétrole saoudien. Lors de son entretien sur TF1 et France 2, jeudi 24 septembre 2026, Emmanuel Macron a annoncé l’envoi de soldats, de radars et de systèmes de défense pour sécuriser Yanbu, sur la côte occidentale de l’Arabie saoudite.

Selon le président, cette décision a été arrêtée avec les autorités saoudiennes. Il présente l’intervention comme une mission de protection du site, dans un contexte d’attaques des Houthis yéménites et de perturbations des approvisionnements énergétiques.

Yanbu, une sortie essentielle pour le pétrole saoudien

Le choix de Yanbu tient à sa position sur la mer Rouge. Le site est relié aux installations pétrolières de l’est du royaume par l’oléoduc Est-Ouest. Ce réseau permet d’acheminer le brut à travers le territoire saoudien, puis de le charger sur des navires depuis la façade occidentale du pays.

Aramco décrit cette liaison dans son rapport annuel consacré aux activités de 2025⁠. Pour le groupe pétrolier, elle offre la possibilité d’exporter depuis les deux côtes du royaume. Cette souplesse devient particulièrement précieuse lorsque la circulation maritime dans le Golfe est perturbée.

Yanbu dispose aussi d’installations de stockage et de chargement. Son terminal sud, mis en service en 2018, avait ajouté une capacité d’exportation de trois millions de barils par jour sur la côte ouest, selon Aramco. Ce chiffre désigne une capacité technique, et non les volumes actuellement expédiés.

Une voie de contournement elle-même exposée

Passer par Yanbu permet d’éviter le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman. L’importance de ce passage dépasse largement les seuls intérêts saoudiens : selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie, 20,9 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers y transitaient chaque jour au premier semestre 2025, soit environ un cinquième de la consommation mondiale.

Ces données, publiées dans son étude sur les passages stratégiques du commerce pétrolier⁠, éclairent l’intérêt des itinéraires alternatifs. Elles ne décrivent toutefois pas le trafic actuel, affecté par la crise régionale.

La route saoudienne vers la mer Rouge reste elle-même vulnérable. Le 18 septembre, Emmanuel Macron avait déjà indiqué que les volumes passant par Yanbu avaient fortement diminué après des attaques attribuées aux Houthis. L’enjeu, pour Paris, consiste donc à préserver une solution de contournement dont la sécurité n’est plus acquise.

Paris associe protection militaire et démarches diplomatiques

L’annonce intervient après plusieurs prises de position françaises contre les attaques régionales. Dans une déclaration publiée le 9 septembre⁠, le ministère des Affaires étrangères avait condamné les frappes houthies visant des infrastructures civiles au Yémen et en Arabie saoudite.

La diplomatie française demandait leur arrêt immédiat et réaffirmait son soutien au processus politique conduit sous l’égide des Nations unies. La protection annoncée de Yanbu s’inscrit dans cette séquence de soutien à Riyad, avec désormais un volet militaire.

Un dispositif encore à préciser

Les éléments rendus publics ne permettent pas encore de connaître le nombre de militaires mobilisés, la durée de leur mission ou le calendrier précis de leur arrivée. Interrogé sur un éventuel engagement de Rafale, Emmanuel Macron a laissé cette possibilité dépendre de l’évolution de la situation et des besoins.

Le président relie également la sécurisation de Yanbu à une détente attendue des marchés pétroliers et des prix des carburants. Il s’agit de l’effet recherché par l’exécutif : l’annonce du déploiement ne permet pas, à elle seule, de constater une baisse à la pompe.

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Justine GUERET

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