Un ancien dépanneur automobile de Villers-Bocage, âgé de 34 ans, a comparu le jeudi 1ᵉʳ octobre 2026 devant le tribunal judiciaire de Caen. Il était poursuivi pour des faits présumés de vol et d’abus de confiance, commis entre le 3 juillet et le 9 octobre 2023. À l’issue de l’audience, le tribunal l’a relaxé, suivant les réquisitions du ministère public.
L’affaire avait commencé par une plainte déposée le 9 octobre 2023 par le concessionnaire qui l’employait. Selon les éléments rapportés par Tendance Ouest, l’entreprise avait reçu un appel anonyme mettant en cause l’un de ses dépanneurs. Le signalement évoquait l’utilisation de la carte bancaire professionnelle pour acheter du carburant destiné à deux jerricans, en plus du plein réalisé avec un véhicule de service.
Une explication contestée sur l’usage des jerricans
Après avoir examiné les dépenses de carburant de ses salariés, le concessionnaire aurait constaté que celles de l’employé concerné étaient supérieures à celles de collègues exerçant des fonctions comparables. Le salarié a quitté l’entreprise à la fin du mois d’octobre 2023.
Entendu par les enquêteurs le 19 avril 2024, l’ancien dépanneur a contesté les accusations. Il a expliqué que les jerricans servaient à alimenter le camion utilisé dans le cadre de son travail, et non à couvrir des besoins personnels. Il a également dit estimer être moins bien traité que ses collègues, notamment parce qu’il aurait été affecté de façon récurrente aux astreintes du soir et du week-end.
En mars 2025, l’un des cogérants du garage a indiqué aux enquêteurs que les dépanneurs faisaient habituellement le plein de leur véhicule le vendredi, une quantité censée couvrir leurs besoins pour la semaine suivante. Cet élément faisait partie du dossier examiné par le tribunal.
Le parquet demande la relaxe
À l’audience, le prévenu était absent et n’était pas représenté par un avocat. Le ministère public a relevé plusieurs lacunes dans les investigations : l’appel anonyme à l’origine du signalement n’aurait pas fait l’objet de vérifications et les autres salariés du concessionnaire n’avaient pas été entendus. La procureure a estimé que ces manques ne permettaient pas de reconstituer suffisamment les faits.
Les poursuites visaient notamment le vol, défini par le Code pénal, et l’abus de confiance, encadré par une section spécifique du même code. Mais la qualification retenue au départ ne suffit pas à établir la culpabilité : celle-ci doit être démontrée à l’audience.
La procureure a ainsi requis la relaxe. Après délibération, le tribunal a considéré que les preuves réunies ne permettaient pas d’établir la culpabilité de l’ancien salarié et a prononcé sa relaxe. En procédure pénale, cette décision intervient lorsque les faits reprochés ne sont pas établis contre le prévenu ; le Service-Public en rappelle les principes.





